Sortir d'une secte et s'en sortir

Pour les ex-adeptes, il n’est pas toujours facile de retrouver une vie « normale » :

Dénouer l'emprise

Il leur reste un certain nombre d’automatismes de pensées et de comportements susceptibles de les mettre en porte-à-faux vis-à-vis de gens qui n’ont pas vécu la même expérience.

Y compris, d’ailleurs, vis-à-vis des « professionnels de la santé mentale » qu’ils pourraient être amenés à consulter, si ceux-ci ne croient pas à la possibilité de la manipulation mentale.

Il leur faut donc commencer par repérer les automatismes implantés par la secte.

Guérir les phobies

Il peut leur rester une ou des phobies tenaces qu’il convient de débloquer avec les autres automatismes, en remontant à leur source.

Précisons qu’il est impossible de changer la personnalité de quelqu’un...

Par manipulation mentale, il faut entendre une modification de la perception du monde.

Ce type de modification peut s’inverser assez rapidement, à condition de trouver la clé. Dans la plupart des cas, lire l’un ou l’autre livre sur les techniques de manipulation et/ou sur le groupe sectaire considéré peut suffire à dégager l’ex-adepte de l’emprise dont il était l’objet.

Rencontrer d’autres ex-adeptes peut s’avérer indispensable.

Il n’y a pas de honte à demander de l’aide à des intervenants spécialisés.

Retrouver une temporalité

Pendant qu’ils étaient « en secte », le cours normal de leur histoire s’est interrompu.

Il leur faut se réinsérer dans une histoire qui n’est ni ce qu’elle était au moment de l’interruption, ni évidemment l’histoire dans le groupe sectaire.

C’est toute une reconstruction, qui demande beaucoup de créativité, à la fois pour faire la synthèse, potentialiser tous les possibles et faire le deuil de ce qui serait devenu impossible.

Il leur faut, entre autres, remplir l’immense vide laissé dans leurs loisirs, aussi bien que dans leur vie spirituelle, ou encore dans leur tissu relationnel, etc.

Renouer des liens à l'extérieur du groupe

Il leur faut affronter les proches qui auraient été blessés par l’épisode sectaire, dépasser le sentiment de culpabilité (inutile aussi bien qu’injustifié) pour arriver à une position responsable, c’est-à-dire prendre sur soi de réparer ce qui peut l’être, et tirer le positif de son expérience.

Cette étape est souvent la plus difficile, en ce sens qu’elle réclame énormément d’énergie à des personnes qui souvent, sont déçues, déprimées, fatiguées, etc.

Éviter l'amertume

Il reste le problème des proches qu’on laisse derrière soi dans le groupe sectaire, et avec lesquels, trop souvent, le contact devient difficile, voire se rompt.

Il convient de déterminer ce qui est le plus important, de l’affection qu’on a gardé vis-à-vis d’eux, et de la haine qu’on a développée pour le système dans lequel ils sont pris.

Il arrive régulièrement que la rupture ne soit pas imputable au désir de l’adepte ou à une manœuvre du groupe, mais à la colère qui se développe de part et d’autre, du fait de comportements « anti-sectes ».

Ceci dit, il ne faut pas tomber dans l’excès contraire consistant à nier qu’il y ait un problème.

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