Séminaire – Le radicalisme: comment aider les proches?

10 séances de septembre 2017 à juin 2018

Notre expertise en matière d'emprise sectaire nous donne quelques clés pour comprendre les mécanismes à l'œuvre dans les radicalismes et proposer des pistes d'intervention ou en tout cas de positionnement stratégique face à ses dérives, tant en matière d'aide aux proches que de prévention. Un premier séminaire en 2016-2017 est venu compléter cette expertise du témoignage des travailleurs de terrain qui y participaient.

Un mardi par mois à partir du 26 septembre 2017, de 12h à 14h, Jean-Claude Maes, notre président, donnera une conférence sur un thème crucial en matière de "radicalisme", de façon à répondre à la question: "Comment aider les proches?". Ce séminaire s’adresse essentiellement aux intervenants socio-médico-sociaux, de la justice et de l’éducation, mais est ouvert à d’autres personnes intéressées par le phénomène. Chaque conférence sera suivie d’un débat destiné à co-construire un savoir-faire, voire un savoir-être…

 

Mardi 26 septembre 2017 de 12h à 14h:

Il n’y a pas un "radicalisme", mais plusieurs formes de radicalisations

Le radicalisme est une véritable nébuleuse mélangeant au moins quatre vécus très différents: le fondamentalisme religieux, la radicalisation politique, le sectarisme "à alibi musulman" et la psychopathologie. Démêler ces différents aspects s’avère un premier pas indispensable à la sortie des polémiques stériles qui tendent à envahir les tribunes politiques et les médias.

 

Mardi 24 octobre 2017 de 12h à 14h:

Causalités des radicalisations

On ne peut expliquer le sectarisme, l'intégrisme ou le "radicalisme" ni à partir des seuls individus, ni à partir des liens, des groupes ou des sociétés: ces quatre dimensions sont forcément articulées, intervenant dans des proportions diverses qu'il convient, si l'on désire aider les proches, d'évaluer au cas par cas.

 

Mardi 28 novembre 2017 de 12h à 14h:

La quête identitaire I. Qu'est-ce que l'emprise?

Chaque fois que l'identité d'un individu est mise en danger, il se met en quête du "pouvoir" et/ou du "savoir" qui lui permettront de se consolider et de retrouver le sens de sa vie. Il pourra alors se trouver qu'un "recruteur" lui propose un "prêt-à-porter" identitaire qui exercera sur lui, dans un premier temps, une grande séduction, et le motivera à se soumettre à l’autorité du "recruteur" et, derrière celui-ci, d’un groupe qui va s’avérer déviant. Il y a, littéralement, vice de consentement.

 

Mardi 19 décembre 2017 de 12h à 14h:

La quête identitaire II. Le concept de co-dépendance appliqué au "radicalisme"

Nous constatons de façon récurrente qu'un certain nombre de proches de l'adepte sont tellement obsédés par ce qui arrive qu'ils négligent d'autres aspects de leur vie. Il en découle qu'ils adoptent des comportements qui leur semblent de bon sens mais dont il est évident, pour l'observateur extérieur, qu'ils nourrissent involontairement l'emprise du "recruteur" et/ou du groupe.


Mardi 16 janvier 2018 de 12h à 14h:

Qu'est-ce qu'un traumatisme?

Nous dénombrons quatre types de traumatismes, correspondant à quatre catégories de causes: par usure, par coupure, par pression et par tension. Dans les situations d'emprise pathologique, on peut repérer trois types de victimes: les adeptes, victimes qui s'ignorent telles parce qu'elles croient vivre un progrès personnel; les proches de l'adepte, qui disent être confrontés à un étranger; et les ex-adeptes, qui ressentent un mélange de deuil, de culpabilité et de honte.

 

Mardi 13 février 2018 de 12h à 14h:

Clivage et emprise

De façon normale, les individus gèrent leurs angoisses et leurs conflits intérieurs en mettant en place des "mécanismes de défense" intrapsychiques. Face au traumatisme, toutes les défenses échouent, sauf le clivage qui, d’une certaine façon, coupe la perception en deux. Comprendre les ressorts de ce mécanisme permet également de concevoir comment et pourquoi l'identité de l'adepte change "du tout au tout, du jour au lendemain".

 

Mardi 20 mars 2018 de 12h à 14h:

Les enfants du "radicalisme"

Les enfants qui grandissent dans des contextes "radicalistes" peuvent, pour évoquer les deux extrêmes, être soit abandonnés à eux-mêmes, soit précocement formatés comme dans "Jesus Camp", mais dans tous les cas de figure, les parents sont plus loyaux au groupe qu'à leur famille. Le devenir de ces enfants dépendra essentiellement de la capacité des parents à mener une double vie c'est-à-dire de présenter un visage au groupe, un autre à leurs enfants. Le rôle de membres de la famille extérieurs au groupe peut s'avérer crucial.

 

Mardi 24 avril 2018 de 12h à 14h:

Prévention des radicalisations

L'expérience montre que nommer le danger ne suffit pas. Cela peut même s'avérer contre-productif, tant l'image qu'on se fait des "gourous" et autre manipulateurs est caricaturale, correspond peu à la réalité de terrain. Il importe donc, plutôt, d'une part de s'intéresser aux manques que le "recruteur" prétend combler, et d'autre part d'aborder sans tabou les "maladies" de la démocratie, ce qui, in fine, est le chemin le plus court pour éduquer les jeunes à la citoyenneté.

 

Mardi 15 mai 2018 de 12h à 14h:

Travailler sur soi-même pour aider les autres

Il ne faudrait pas croire que les intervenants, sous prétexte qu'ils sont "à distance" du problème, ne sont pas concernés par le risque de co-dépendance. Ils le sont ne serait-ce que parce que les radicalisations disent quelque chose de la société dans laquelle nous vivons. Pour en donner un premier exemple, la montée du racisme et celle du "radicalisme" se répondent en miroir, dans un cercle vicieux qu'il serait urgent d'essayer d'enrayer.


Mardi 12 juin 2018 de 12h à 14h:

Une stratégie légaliste

Sur certains points, les interdictions de la société entrent en conflits avec les obligations du groupe. Ce qui est tout à fait typique de ce que nous identifions comme une "logique de guerre": par exemple, un même fait qui sera qualifié, en temps de paix, de meurtre, sera considéré, en temps de guerre, comme un acte de bravoure. Explorer cette dimension des radicalisations permet aux proches de l'adepte de passer d'une position de co-dépendance à une forme de "légalisme" qui s'avère thérapeutique pour toute la famille.

 

Modalités pratiques :

Salle: Centre régional du Libre Examen – 66 rue Coenraets – 1060 Saint-Gilles (Bruxelles) – Tél. 02 538 19 42 – Site: centrelibrex.be

Accès en métro: lignes 3, 4 et 51, arrêt Porte de Hal

Accès en tram: ligne 81, arrêt Bethleem, ou lignes 32, 81 et 82, arrêt Suède (gare du Midi)

Accès en bus: lignes 49, 50 et 58, arrêt Suède (gare du Midi)

Coût des séances: 20 euros la séance ou 70 euros le carnet de 5 séances (35 euros pour les étudiants). Entrées et carnets peuvent être achetés online sur notre site, ou en cash à l’entrée du séminaire. Les carnets sont nominatifs, mais peuvent être cédés à un tiers pour peu que le nom de celui-ci nous soit communiqué par mail au moins 24h à l’avance.

Renseignements: sos-sectes.com et/ou info@sos-sectes.com.

Support pédagogique: Tous les exposés seront accompagnés d’un PowerPoint, mais les participants qui le demandent pourront recevoir le contenu de ce PowerPoint quelques jours avant la séance afin de pouvoir l’imprimer.

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Avec le soutien du membre du Collège de la Commission communautaire française chargé de la Santé.