Aider les adeptes

Ne pas se culpabiliser

Le seul coupable est le gourou.

Souvent, le conjoint, le parent d’un adepte se sent coupable de la situation. Ce sentiment de culpabilité lui permet notamment de croire (à tort) qu’il peut réparer la situation, donc la changer. C’est, de sa part, une attitude compréhensible.

Néanmoins, il faut savoir que le conditionnement de l’adepte augmente avec le sentiment de culpabilité de ses proches (Collectif, 2001).

Si un proche se remet en question, cela ne doit pas être en terme de faute passée, mais de relation présente et future avec l’adepte.

En général, la famille est le groupe d’appartenance le plus fort qu’ait connu l’adepte, donc le plus à même de l’aider. Il est important qu’elle évalue puis transforme son fonctionnement interne, afin que ses membres, adepte y compris, se sentent mieux entre eux.

Dans ce cas, le moment venu, ce dernier trouvera plus facilement la force de quitter la secte pour rejoindre les siens. Aucune famille n’est parfaite. L’entrée en secte de l’adepte peut devenir pour sa famille une occasion d’assainir les relations entre ses membres !

Ne pas essayer de convaincre l'adepte

Plus on argumente contre la secte, plus on convainc l’adepte que la secte a raison.

C’est un effet paradoxal du conditionnement sectaire qui est difficile à comprendre, mais fondamental.

De toute façon, l’essentiel n’est pas dans les croyances éventuellement bizarres du groupe, mais dans l’emprise que ce dernier exerce sur l’adepte.

Une façon de s’y retrouver, c’est d’imaginer l’adepte coupé en deux : d’une part l’ancienne identité (Moi-Famille) qui entend les émotions de ses proches, mais est incapable de leur répondre, et d’autre part la nouvelle identité (Moi-Secte) qui entend les arguments de ses proches, mais les interprète comme une agression à son égard, et répond par sa mauvaise foi, voire par une agressivité qui peut dégénérer en rupture.

Il ne faut surtout pas prononcer le mot « secte ».

Garder le lien sous une forme ou sous une autre

Le Moi-Secte sonne toujours plus ou moins faux.

De plus, il est parfois très désagréable à fréquenter.

Il ne faut pourtant pas se décourager. Il faut parler à l’adepte dans un langage propre à renforcer les liens familiaux, même si on a l’impression de ne pas être entendu.

On dit parfois qu’il ne faut pas parler à l’adepte des choses désagréables. Mais une fois de plus, aucune famille n’est parfaite.

Faire semblant que tout va bien, c’est tomber dans le même travers que la secte. Il faut tâcher d’être le plus vrai possible.

À l’opposé de la perfection, il y a la chaleur. À l’opposé des discours sur l’amour et de la charité obligée, il y a le foyer familial.

On peut même verser des larmes, du moment que cela ne devient pas un moyen de pression. Dans une secte, tout est prétexte à faire pression.

Si on s’engage dans un bras de fer avec l’adepte, premièrement on fait le même geste que la secte (et on contribuera donc au conditionnement), deuxièmement on ne peut que perdre !

Il faut parler à l’adepte du passé qu’on a en commun avec lui.

Lui proposer des projets correspondant à ses anciens pôles d’intérêts. Etc.

Poser ses limites

Pour l’adepte, les lois de la secte l’emportent sur les lois de la famille et de la société. Il peut même dans certains cas être amené à commettre des infractions en parfaite inconscience.

Comment lui faire respecter certaines règles sans paraître agressif ?

En tout cas, il ne faut jamais lui faire la morale !

Il pense être plus moral que n’importe qui à l’extérieur de la secte.

Et puis, essayer de le culpabiliser, c’est essayer de faire pression.

Par contre, on peut très bien lui dire qu’on n’est pas d’accord avec tel ou tel comportement de sa part, en précisant que cela n’entame en rien l’amour qu’on lui porte.

De façon plus générale, il ne faut pas perdre de vue que la vie continue, qu’il n’est pas nécessaire de la faire tourner autour de l’adepte, même si on a très envie de l’aider.

Il ne faut jamais lui donner d’argent.

Préparer la sortie

À sa sortie de la secte, l’ex-adepte a besoin de trois sortes de renseignements :

  1. sur l’emprise au sens large et au sens sectaire,
  2. sur les coulisses de la secte dont il sort, et
  3. sur ce qui s’est passé pour ses proches pendant qu’il était sous emprise.

Le temps sectaire est un temps d’éternelle répétition des mêmes actes et des mêmes émotions.

Il faut aider l’ex-adepte à retrouver le mouvement de son histoire.

Un bon moyen est de lui donner à lire un compte-rendu de:

  • ce qui s’est passé dans le cercle de ses proches pendant qu’il était dans la secte
  • de ses changements d’attitudes et de comportements
  • de quelques conversations frappantes
  • des indices donnant à penser qu’il était sous emprise
  • de l’évolution des relations avec lui
  • d’anecdotes dont il aurait raté le déroulement du fait qu’il était en secte.
  • Etc.

Ne pas hésiter à demander de l'aide

Toute personne qui prend conscience que son conjoint, un parent, un ami très proche est entré dans une secte, vit un problème très particulier, pour lequel les solutions habituelles sont généralement mises en échec.

Beaucoup s’enferment dans une solitude honteuse. Il ne faut pas.

Il faut choisir, dans le cercle des proches, ceux qui sont suffisamment pondérés pour ne pas « rentrer dans le lard » de l’adepte, et se confier à eux, partager le fardeau.

Il ne faut pas hésiter à consulter des aidants professionnels.

Il n’est pas inutile non plus de rencontrer des personnes qui sont (ou ont été) confrontés au même problème, ainsi que des ex-adeptes.

Il ne faut pas perdre l’espoir, ni la patience !

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